Sensation infinité

Sensation infinité

Bonheur du printemps
Infinité de couleurs
Au coeur d’une fleur

Vert perpétuel
Feuille d’arbre s’entrouvre
Herbe tendre répond

Les arbres fleurissent
Parfums doux et délicats
Apportés par le vent

Arbre parfumé
Effluence délicate
Sens exaltés

Forsythia jaune
Petites fleurs subites
Soupir du printemps

Mille pétales au vent
Zéphyr dispose les couleurs
Sur sa toile légère

Gouttes aériennes
S’y dissimule la palette
de l’arc-en-ciel

Graines en terre
Cotylédons mystérieux
Regain de vie

Pluie de poésie
Des pétales en liberté
Recouvrent ton coeur

Emmanuelle de Dardel

D’autres haïkus libres sur ce blog.

Peinture : Francis Gruber, Paysage de printemps, 1948

Le chat, la belette et le petit lapin, La Fontaine

Le chat, la belette et le petit lapin, La Fontaine

Du palais d’un jeune lapine
Dame Belette un beau matin
S’empara ; c’est une rusée.
Le maître étant absent, ce lui fut chose aisée.
Elle porta chez lui ses pénates, un jour
Qu’il était allé faire à l’Aurore sa cour,
Parmi le thym et la rosée.
Après qu’il eut brouté, trotté, fait ses tours,
Jeannot Lapin retourne aux souterrains séjours.
La belette avait mis le nez à la fenêtre.
« Ô dieux hospitaliers, que vois-je ici paraître ?
Dit l’animal chassé du paternel logis :
Holà, Madame la Belette,
Que l’on déloge sans trompette,
Ou je vais avertir tous les rats du pays. »
La dame au nez pointu répondit que la terre
Etait au premier occupant.
C’était un beau sujet de guerre
Qu’un logis où lui-même il n’entrait qu’en rampant !
« Et quand ce serait un royaume
Je voudrais bien savoir, dit-elle, quelle loi
En a pour toujours fait l’octroi
À Jean, fils ou neveu de Pierre ou de Guillaume,
Plutôt qu’à Paul, plutôt qu’à moi. »
Jean Lapin allégua la coutume et l’usage.
« Ce sont, dit-il, leurs lois qui m’ont de ce logis
Rendu maître et seigneur, et qui, de père en fils,
L’ont de Pierre à Simon, puis à moi Jean, transmis.
Le premier occupant est-ce une loi plus sage ?
– Or bien sans crier davantage,
Rapportons-nous, dit-elle, à Raminagrobis. »
C’était un chat vivant comme un dévot ermite,
Un chat faisant la chattemite,
Un saint homme de chat, bien fourré, gros et gras,
Arbitre expert sur tous les cas.
Jean Lapin pour juge l’agrée.
Les voilà tous deux arrivés
Devant sa majesté fourrée.
Grippeminaud leur dit : « Mes enfants, approchez,
Approchez, je suis sourd, les ans en sont la cause. »
L’un et l’autre approcha ne craignant nulle chose.
Aussitôt qu’à portée il vit les contestants,
Grippeminaud le bon apôtre,
Jetant des deux côtés la griffe en même temps,
Mit les plaideurs d’accord en croquant l’un et l’autre.

Ceci ressemble fort aux débats qu’ont parfois
Les petits souverains se rapportant aux rois.

Jean de La Fontaine, Fables

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Image : wikipedia.org

L’alchimiste, Paulo Coelho

L’alchimiste, Paulo Coelho


Le chamelier ne répondit rien ; il comprenait ce que lui disait son interlocuteur. Il savait que n’importe quelle chose, à la surface de la terre, peut conter l’histoire de toutes les choses. En ouvrant un livre à une page quelconque, en examinant les mains d’une personne, ou le vol des oiseaux, ou encore des cartes à jouer, ou quoi que ce soit d’autre, chacun de nous peut découvrir un lien avec ce qu’il est en train de vivre. A la vérité, les choses ne révélaient rien par elles-mêmes ; c’étaient les gens qui, en observant les choses, découvraient la façon de pénétrer l’Âme du Monde.

Paulo Coehlo, L’alchimiste, Paris, J’ai lu, 2010, p. 128