Prose sombre

Prose sombre

L’horizon est rempli de gris, des camaïeux, des nuances et des teintes sombres ont envahi tout l’espace, comme nos coeurs, lourds de secrets tumultueux, indicibles et censurés. Les nuages sont si chargés qu’ils paraissent presque noirs. Ils forment de gros rouleaux aux multiples tons argentés, s’enroulent et se déroulent dans le ciel, en épaisses couches sans formes, semblables à de grosses vagues lourdes et plombées, qui viendraient s’écraser sur la rive opposée du ciel. Parfois, au milieu de cette agitation désordonnée et silencieuse, quelques étincelles de nuage apparaissent et rayonnent jusqu’à nous.

Le lac est gris lui aussi, d’un gris bleuté, presque phosphorescent, de cette couleur à la fois translucide et opaque, d’un espace vide empli de larmes cristallines et lumineuses. Par accident, un champ de colza éclaire l’espace de l’horizon en un instant, d’un halo resplendissant. Cette percée est aussi stupéfiante qu’inattendue par sa couleur et sa forme. Un rectangle d’ocre, merveilleux et insolite. Un corbeau prend son envol, et passe au-dessus de nos têtes, j’aperçois ses pattes aux griffes recroquevillées, symbole d’une alerte, qui se répète sans cesse, à laquelle nous oublions de prêter attention.

Les arbres commencent à fleurir, des forsythias qui resplendissent au bord des chemins, des pommiers d’ornement avec leurs fleurs aux mille pétales, des lilas qui embaument en douceur et des magnolias aux fleurs prodigieuses. Le printemps revient, nous gardons l’espoir de jours illuminés, qui irradient de chaleur humaine. Pourtant la grisaille s’accroche, arrimée au-dessus de nos têtes,  elle s’accumule et occupe sans vergogne l’atmosphère avec ses grosses bandes grises qui courent sur l’infini.

Emmanuelle de Dardel

Peinture : Félix Valloton (1865-1925), Le grand nuage, Romanel, 1900, sur wikiart.org (libre de droits)

Haïkus participatifs sur les nuages

Haïkus participatifs sur les nuages

Les nuages vous inspirent aussi ? Ecrivez vos haïkus participatifs en commentaires et partagez vos impressions sur des nuages imaginaires ou réels.

Un haïku ?

C’est un petit poème de 3 lignes et 17 syllabes (5 / 7 / 5 syllabes). On l’emploie pour célébrer un moment poétique.

Pour en savoir plus sur le haïku, vous pouvez consulter l’article de l’association francophone de haïku. Vous y trouverez aussi des exemples.

Si vous souhaitez participer à un concours d’écriture de haïkus, rendez-vous sur la page actualités du même site ou voir l’image ci-dessous.

Thème : les nuages

Les nuages me captivent depuis toujours, je peux passer des heures à regarder filer les nuages de tempête ou admirer les nuages légers dans un ciel bleu. En est-il de même pour vous ? Que diriez-vous d’écrire vous aussi sur les nuages et de partager vos instants poétiques ?

Comment participer ?

Ecrivez votre.vos haïku.s dans les commentaires ci-dessous. Mis à part les contraintes du haïku : 3 vers de 5 / 7 / 5 syllabe, il n’y en a aucune autre.

Les haïkus participatifs

Sur ce blog, vous trouverez plusieurs catégories de poésie participative : haïku, poème à plusieurs mains et 10 mots pour écrire votre poésie

Concours de haïkus

Retrouvez ces informations sur la page actualités de l’association francophone de haiku.

Peinture : Simon Alexandre Clément Denis (Flemish, 1755 – 1812), Study of Clouds with a Sunset near Rome, The J. Paul Getty Museum

Instantané d’hiver

Instantané d’hiver

La neige tombe,
calme et tranquille.
Les flocons roulent
Les uns après les autres
Et se suivent de plus en plus vite.
La rue respire un silence assourdissant
et retient son souffle lourd.

Chaque flocon s’anime
Et vient recouvrir les autres,
En produisant un son d’un autre monde,
qui gomme tous les autres.
Il est tôt,
Tous dorment encore,
Inconscients de cette musique d’ange.

Emmanuelle de Dardel

Le brouillard

Le brouillard

I.
La ville se dilue dans le brouillard,
Les habitants sont oppressés,
Ils sont tapis derrière leur porte,
Et attendent le printemps.

II.
Le brouillard recouvre la route,
Il est épais, dense et inamovible,
Il ressemble à un nuage impalpable,
Et enserre la végétation de sa toile blanche.

III.
Depuis des jours et des nuits,
La mer de nuage a envahi la vallée,
Le soleil darde ses rayons sur ce miroir blanchi,
Sans pourtant parvenir à l’atteindre.

Emmanuelle de Dardel

Image : pxhere.com

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