Ma bohême, Arthur Rimbaud

Ma bohême, Arthur Rimbaud

(Fantaisie.)

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
 
Mon unique culotte avait un large trou.
— Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse ;
— Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
 
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
 
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

Octobre 1870.

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Peinture : Francis Gruber, Le poète, hommage à Rimbaud, 1942, (domaine public)

Scintillement

Scintillement

Aujourd’hui tout scintille
La haie de joncs dorés
Bercée par le courant
Illumine la rive

Aujourd’hui tout scintille
La lumière se reflète
Dans chaque particule
Que le soleil caresse

Aujourd’hui tout scintille
Une étoile est tombée
Dans chaque vaguelette
L’horizon étincelle

Aujourd’hui tout scintille
Chaque respiration
Devient inspiration
Et pensée éclairée

Emmanuelle de Dardel

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Peinture : Ferdinand Hodler (Suisse, 1853 – 1918), Sonnenuntergang am Genfersee von Caux aus, 1917

Ecrire

Ecrire

Lorsque j’écris une poésie, cela m’aide à voir clair en moi,
Mes pensées deviennent limpides, sereines et lumineuses,
Je comprends les raisons des actions de chacun.

A la fois essai, journal intime et image sonore,
Chaque poème contribue à concentrer mes réflexions comme un prisme,
Et à cerner les mots justes qui participent à la cristallisation des idées,

En une étoile inspirée.

 

© Emmanuelle de Dardel

Image : pxhere.com

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Nouvelle année

Nouvelle année

Le soir, le temps s’allonge inexorablement,

2018, c’est sûr, ne finira jamais,

On est si bien entre amis.

Puis le moment tant attendu montre sa patte blanche,

Cette impression que tout est possible,

Que l’on parviendra à réaliser nos rêves.

Sonnent alors les coups de minuit, plusieurs fois,

On scrute l’horizon, on interroge les étoiles,

Rien n’est pourtant différent, c’est à nous seuls d’agir,

En notre for intérieur.

© Emmanuelle de Dardel

Image : http://pxhere.com

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