Ma bohême, Arthur Rimbaud

Ma bohême, Arthur Rimbaud

(Fantaisie.)

Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
 
Mon unique culotte avait un large trou.
— Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse ;
— Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.
 
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
 
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

Octobre 1870.

D’autres poésies d’auteur sur ce blog.

Peinture : Francis Gruber, Le poète, hommage à Rimbaud, 1942, (domaine public)

Amour : 10 mots pour votre poésie

Amour : 10 mots pour votre poésie

Sur ce blog, à côté des poésies d’auteur et des poésies personnelles, nous écrivons aussi des poésies participatives, avec une contrainte de 10 mots.

10 mots donnés

Au début de chaque mois, vous trouverez un article avec un choix de 10 mots à inclure dans votre poésie, en prose ou en vers. La forme de votre poésie est libre.

Thème

Le thème des mots choisis renvoie à l’amour platonique. Libre à vous de créer une poésie sur l’amour passionné, volage ou…

Comment participer ?

Ecrivez simplement votre poésie dans un commentaire, en mettant une étoile après chaque mot donné. Il n’y a pas de limite de participation, vous pouvez rédiger votre poésie aujourd’hui ou dans 6 mois.

Choix des mots

Pour le mois de mars, je me suis inspirée des plus beaux mots de la langue française, selon des utilisateurs twitter de Post Scriptum (recueil de citations, proverbes, maximes et punchlines).

lumière, amour, harmonie, réminiscence, plénitude, ineffable, quintessence, rêve, inassouvi, diaphane

Challenge

Ecrire avec des mots choisis permet souvent une plus grande liberté dans la rédaction. C’est un plaisir pour celui qui lit et celui qui écrit car cette contrainte ouvre l’écriture vers des formes inusitées qui nous transportent. Cela peut être à la fois un jeu et une manière de se découvrir.

Articles précédents avec 10 mots

Lisez les articles précédents de poésie avec 10 mots.

Peinture : Le Tintoret, Pallas Athena drives away Mars, 1576
Google Arts and Culture
Biller Antik

La vie est…

La vie est…

La vie est beauté, admire-la.
La vie est félicité, profites-en.
La vie est un rêve, réalise-le.
La vie est un défi, relève-le.
La vie est un devoir, fais-le.
La vie est un jeu, joue-le.
La vie est précieuse, soigne-la bien.
La vie est richesse, conserve-la.
La vie est amour, jouis-en.
La vie est un mystère, pénètre-le.
La vie est une promesse, tiens-la.
La vie est tristesse, dépasse-la.
La vie est un hymne, chante-le.
La vie est un combat, accepte-le.
La vie est une tragédie, lutte avec elle.
La vie est une aventure, ose-la.
La vie est bonheur, mérite-le.
La vie est la vie, défends-la.

Mère Teresa (1910-1997)

Image : Jeswin Thomas, https://pxhere.com

D’autres poésies d’auteur sur ce blog.

Spleen

Spleen

Pluviôse irrité contre la ville entière
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
Aux pâles habitants du voisin cimetière
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.

Mon chat sur le carreau cherchant une litière
Agite sans repos son corps maigre et galeux ;
L’ombre d’un vieux poète erre dans la gouttière
Avec la triste voix d’un fantôme frileux.

Le bourdon se lamente, et la bûche enfumée
Accompagne en fausset la pendule enrhumée, 
Cependant qu’en un jeu plein de sales parfums, 

Héritage fatal d’une vieille hydropique, 
Le beau valet de cœur et la dame de pique
Causent sinistrement de leurs amours défunts.

Charles Baudelaire

Etincelle multicolore

Etincelle multicolore

Emmitouflée,
Et perdue au milieu des champs,
C’est là que je peux écrire.

La neige clairsemée
Forme une dentelle blanche
Sur les terres gelées.

La pleine lune,
Ronde comme un gâteau doré, 
Diffuse sa lumière.

Cette solitude, 
A la fois honnie et goûtée, 
Me remplit d’amour.

Au bord de la route, 
Au milieu de tout et rien,
Je retrouve le lien.

La brume est montée 
Par vagues légères et douces,
Par devant la lune.

La nuit tombe peu à peu,
Le ciel devient sombre,
Et pourtant protecteur.

Les champs alentour,
Prennent une teinte douce, 
Et presque irréelle.

Et le lac qu’on admire
Se colore alors d’un éclat inconnu
Une harmonie de blanc et d’or.

Une tour éclairée 
Loin à l’horizon fascinant
Me rappelle à moi.

Au cœur de ma peine,
J’ai trouvé l’étincelle multicolore,
Qui fait briller mon âme.

Emmanuelle de Dardel