HAMLET : To a nunnery, go.

J’ai mille oiseaux de mer d’un gris pâle,
Qui nichent au haut de ma belle âme,
Ils en emplissent les tristes salles
De rythmes pris aux plus fines lames….

Or, ils salissent tout de charognes,
Et aussi de coraux, de coquilles;
Puis volent en ronds fous, et se cognent
À mes probes lambris de famille….

Oiseaux pâles, oiseaux des sillages!
Quand la fiancée ouvrira la porte,
Faites un collier des coquillages
Et que l’odeur de charogn’s soit forte!….

Qu’Elle dise : « Cette âme est bien forte
« Pour mon petit nez…. – je me r’habille.
« Mais ce beau collier? hein, je l’emporte?
« Il ne lui sert de rien, pauvre fille…. »

Jules Laforgue, 1860-1887

Poésies complètes II, L’imitation de Notre-Dame la Lune, Le Concile féérique, Des Fleurs de bonne volonté, Derniers vers, Poésie / Gallimard, 1979

D’autres poésies d’auteur sur ce blog.

Image : Berthe Morisot, La cage, 1885
National Museum of Women in the Arts, New York
Google Arts and Culture

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