Ce ne fut qu’un petit gémissement d’abord, comme si quelqu’un venait de le pincer, puis tout son corps lâcha. Il se mit à trembler de la tête aux pieds, sa poitrine s’ouvrit en deux et libéra un énorme sanglot. Il ne voulait pas, il ne voulait pas, putain. Mais il n’était plus capable de se contrôler. Il pleura comme un gros bébé, comme un pauvre naze, comme un mec qui s’apprêtait à dézinguer la seule personne au monde qui l’avait jamais aimé. Qu’il avait jamais aimée. 

 

Il était plié en deux, laminé par le chagrin et tout barbouillé de morve. 

Quand il admit enfin qu’il n’y avait rien à faire pour arrêter ça, il enroula son pull autour de sa tête et croisa les bras.

 

Il avait mal, il avait froid, il avait honte.

Anna Gavalda, Ensemble c’est tout, J’ai lu, 2005, pp. 98-99

Peinture : Nicolas Roerich, The cry of the serpent, 1914

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