Les effluves du printemps

Les effluves du printemps

Il y a quelques jours,
Les parfums ont changé,
L’air devient plus clément,
Chargé d’odeurs diverses.

Comme si la nature,
A moitié éveillée,
Offre déjà tout d’elle,
A tous ses habitants.

Les fleurs du printemps s’ouvrent,
Libèrent leurs effluves,
Imprègnent leurs couleurs,
Et charment tous nos sens.

C’est la belle saison,
Profitons-en encore,
Agissons à outrance,
Avant qu’elle ne s’éteigne.

Emmanuelle de Dardel

Peinture : Ambrosius Bosschaert the Elder (Dutch, 1573 – 1621), Flower Still Life, The J. Paul Getty Museum

D’autres poésies naturelles sur ce blog.

Le silence

Le silence

Au coeur de la journée,
Le silence m’échappe,
Je le recherche en vain,
Il est rarement présent.

Plus je le poursuis, plus
Il se dérobe encore.
Cette quête incessante
Me rend désabusée.

Je sais où le surprendre,
En des lieux reculés,
Difficiles à atteindre,
Hors de la société.

C’est d’ailleurs bien là-bas,
Que mon âme demeure,
Dans son refuge tendre,
Préservé et serein.

Emmanuelle de Dardel

Peinture : Vilhelm Hammershøi (Danish, 1864 – 1916), Interior with an Easel, Bredgade 25, 1912, The J. Paul Getty Museum

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Au coeur de la nuit

Au coeur de la nuit

Au coeur de la nuit
Le repos me vient
De la solitude

La nuit est mon sang
Mon ressourcement
Mon apaisement

La nuit et ses lumières
Procurent d’ineffables joies
Aux esthètes rois

Chaque nuit diffère
De par ses lueurs
Et ses odeurs tendres

Les bruits de la nuit
Parviennent étouffés
Aux oreilles endormies

Les vertus de la nuit
Une rencontre avec soi
Au sein du silence

Au cours de la nuit
Dans ses grands bras lourds
Abandon de soi

Emmanuelle de Dardel

 

Image : Vincent Van Gogh, Starry Night Over The Rhone

D’autres haïkus libres.

Recette d’écriture

Recette d’écriture

Pour écrire, j’ai besoin de calme absolu,
Pendant plusieurs jours avec moi-même,
Dans mon environnement préféré,
Bien entourée.

Pour écrire, j’ai besoin de laisser venir les émotions,
Sentir ce qui se passe au plus profond de moi,
Etre attentive au moindre détail,
Même insignifiant.

Pour écrire, j’ai besoin de tout écouter, absolument tout,
Et je choisis ensuite les éléments les plus exigeants,
Ceux qui me chuchotent de manière incessante,
C’est moi.

Pour écrire, j’ai besoin de perdre, souffrir, manquer, pleurer,
De ce je ne sais quoi qui me déchire l’âme,
Qui ouvre tout mon intérieur,
Et me laisse à nu et sans vie.

Emmanuelle de Dardel

D’autres poésies intimes.

Image : poème mural d’Adonis, à Leiden, Pays-Bas

***

Texte du poème mural d’Adonis

Loss

Loss, loss. Loss saves us. It guides our footsteps.
And loss is a radiance.
All else is a mask.

Loss unifies us with something other than us.
And loss fastens the face of the sea to our dreaming.

And loss is just waiting.

Adonis (1930 – ), poète syrien

To commemorate 400 years of Arabic Studies in Leiden (1613-2013)

Esquisse

Esquisse

Eperdue dans une autre ville,
A l’issue d’une flânerie,
La poésie réapparait,
Lors d’un instant insignifiant,
Dont l’inattendu me renverse.
Oh que cette beauté demeure !

Au coeur d’une voie monotone,
Un ballet de feuilles surgit,
Et dévoile les pas subtils,
Des ballerines du printemps,
Emportées par un vent gracieux,
Dans une scène féerique.

Emmanuelle de Dardel

Peinture : Edgar Degas, Quatre danseuses
https://www.edgar-degas.org/Four-Dancers.html
Google Art and Culture, Four Dancers, Edgar Degas, c. 1899

D’autres poésies naturelles.

PS : Le hacking semble réglé. Avec mes excuses pour les désagréments subis ces dernières semaines.

Tumultueux

Tumultueux

Au centre de la ville, 
Le bruit explose les sens, 
Mettant le corps à l’épreuve, 
Laissant l’âme troublée et exsangue, 
Où trouver refuge, calme et sérénité ?

Les conversations des gens,  
Le son des voix qui transperce,
Les timbres particuliers font frissonner, 
Les rires à gorge déployée sont des couteaux. 
Où trouver refuge, calme et sérénité ?

Loin de la ville en effervescence,
Le grondement continue, ininterrompu,  
Les moteurs impétueux vrombissent sur l’asphalte, 
Les trains discrets et mesurés grondent au coeur de la vallée, 
Où trouver refuge, calme et sérénité ?

La nuit enfin,
Fragments d’apaisement,
Le fracas s’atténue,
Ne reste qu’un faible bruissement,
La paix s’installe, pour quelques heures.

Emmanuelle de Dardel

Image : https://pxhere.com/