Sans lecture pour me nourrir l'esprit et le mettre en branle, ne suis et ne pense rien. Vide absolu. Happée par l'existence extérieure (ce que je vois, entends, touche, au bureau et à la maison sans rien y ajouter par l'esprit ou l'émotion).
Alice Rivaz, Traces de vie, Carnets 1949-1958, Vevey, L'Aire, p. 77
le chemin de la poésie
Depuis petite, je m'intéresse à la littérature, en ce sens qu'elle me paraît offrir les visions du monde fidèles de leurs autrices et auteurs. En effet, pour grandir, nous avons toutes et tous besoin de regards bienveillants et de visions du monde qui confrontent nos idées. Le réel est une confrontation permanente, qui produit frictions, frottements, désaccords et conflits. Le but semble être de se libérer des scories et de devenir soi-même, devenir fidèle à sa propre essence idéale. Pour cela, si les échanges et les discussions avec son monde ne suffisent pas – ce qui est malheureusement trop souvent le cas – il ne reste que la littérature intime, la poésie intimiste.
parcours littéraire entre deux pays francophones
J'ai grandi en France, en Bourgogne, puis en Normandie, jusqu'à mes 15 ans, j'ai donc fait toute la scolarité obligatoire selon le régime français. Depuis, je vis en Suisse, à Neuchâtel, avec quelques incursions en France, dans la région frontalière du Jura. Après l'école et le lycée, où j'étudie les classiques littéraires comme Jean Racine, Molière, Jean de La Fontaine... et Christine Arnothy, j'entreprends des études littéraires : langue et littérature françaises modernes, langue et littérature françaises médiévales (oui !), linguistique et sciences du langage. J'y découvre la littérature par grandes périodes et lis les classiques en poésie contemporaine, comme Philippe Jaccottet, Francis Ponge, Blaise Cendrars. Durant cette période, les mercredis soirs sont occupés par le théâtre antique et la préparation d'une pièce par an. Je travaille comme enseignante remplaçante et deviens ensuite – bien plus tard – enseignante diplômée en primaire.

se parler est impossible souvent
Je suis fascinée par le fait qu'on est dans l'impossibilité d'échanger librement avec notre entourage. La compréhension est si difficile. Je ne vois souvent que des murs de souffrance, des murs de déni, des murs de protection. Tout cela nous empêche de nous exprimer et de nous connecter à notre moi profond. Pourtant, c'est la quête de chaque vie. C'est là que la poésie prend et donne accès aux âmes, dans ce qu'elles ont de plus authentiques.
la poésie pour se connaître
En effet, chacun.e peut feindre d'être un personnage intéressant, jusqu'au jour où on pose les questions fondamentales : comment réagis-tu lorsqu'il y a conflit ? Que fais-tu lorsque tu n'es pas d'accord avec les paroles de l'autre ? Est-ce que tu ouvres une fenêtre pour accueillir le monde de l'autre ? Ou préfères-tu rester fidèle à toi-même, quitte à ne pas te remettre en question et faire l'impasse sur tes défauts ? Tant de questions... qui mènent à l'interrogation primordiale : qui suis-je ? Quelle est ma mission de vie ? Comment se connecter à soi ? Comment découvrir mon âme ?
fonction de la poésie dans mes textes
C'est au cours d'une aventure singulière – qui sous-tend toute mon écriture – que je prends conscience que la poésie est un moyen d'expression pour dire l'âme, ses fondements, ses rêves, ses fulgurances. A côté de cela, la poésie procure une sorte d'auto-analyse et d'auto-apprentissage. C'est en écrivant mes rêves d'enfant que je réalise mieux qui je suis. C'est en écrivant toutes ces pensées que je peux en prendre la mesure, les relire, les transformer et les intégrer. La poésie est donc une sorte de chantier du soi, de l'âme. Et dire représente pour moi les prémisses de l'action. Dire m'aide à mieux faire. La poésie pour réécrire ma vie et ses fulgurances primordiales. La poésie pour (re)construire ma vie, en toute vulnérabilité. Loin d'y jouer un jeu, c'est la vie dans toutes ses dimensions authentiques qui s'y joue. Pour certains, la poésie n'est que beaux mots, sans lien avec le réel, sans conséquences ; pour d'autres, elle n'est que vérité, toute parole a des conséquences et nous relie les un.es aux autres ou nous délie les un.es des autres.
Pour continuer, lire mon manifeste des poétesses et une analyse poétique, sur l'anthologie poétesses 8.
Ou retourner sur le blog et lire des poèmes sur le silence et liberté. Mon anthologie personnelle est aussi destinée à vous faire découvrir ma poésie.