Extrait de Le ciel est beau ici aussi

Extrait de Le ciel est beau ici aussi

Nous étions allés manger dans une auberge de campagne, un restaurant presque désert où nous nous étions assis à côté d’un beau poêle en faïence aux carreaux verts. Gino portait un pull noir sous sa veste, ce qui lui donnait l’air d’être en vacances, cet air de mains dans les poches qu’il avait dans la cour de l’école en m’attendant. Il avait les yeux qui brillaient en me disant que ma robe m’allait bien. Je devais lui avoir répondu par un sourire, je ne sais pas, par une grimace, bref d’une manière qui pouvait faire comprendre à quel point ça me faisait plaisir d’être assise avec lui à cette table. C’était désormais facile de parler et de ne pas parler, de lui répondre, tout sonnait juste, maintenant que je savais que je lui plaisais et que tout à coup je me sentais plus sûre de moi, je me sentais à l’aise, je jouais à la gamine et ensuite à la demoiselle hautaine, je commandais même les plats en allemand. Nous parlions de Gianni et Bethli, de Fredi et des deux Tessinois, et nous sentions bien que nous étions les mêmes que quand nous étions avec eux ; et pourtant nous découvrions avec étonnement qu’au creux de cet univers commun, les noms des autres, les soirées passées avec eux, s’était mise en place tacitement l’attente de ce jour où il n’y avait plus que nous deux, dans une auberge où nous n’étions jamais allés avec eux.

Anna Felder, Le ciel est beau ici aussi, Neuchâtel, Editions Alphil, 2014, pp. 73-74

Peinture : Serge Sudeikin, Lovers under the moon, 1910

D’autres citations sur ce blog.

 

Les boutons d’or – haikus participatifs

Les boutons d’or – haikus participatifs

Ecrivons ensemble des haikus sur les boutons d’or qui fleurissent dans nos champs.

Qu’est-ce qu’un haïku ?

C’est un poème court qui célèbre l’évanescence des choses et qui permet de partager une émotion fugace. On l’écrit en 5 / 7 / 5 syllabes.

Thème du bouton d’or

Existe-t-il plus beau symbole printanier que le bouton d’or ? J’ai hâte de lire vos haikus !

Pourquoi des haïkus participatifs ?

Les raisons peuvent être nombreuses et variées, parmi lesquelles :
  • l’envie de partager l’écriture 
  • l’envie de partager ses impressions 
  • l’envie de lire d’autres haïkus sur un thème
  • l’envie de découvrir d’autres écritures

Comment participer ?

Chacun.e peut participer et écrire un haiku, en tout temps.

Peinture

Les haïkus participatifs

D’autres articles de haïkus participatifs sur ce blog.
Extrait de Ensemble c’est tout, Anna Gavalda

Extrait de Ensemble c’est tout, Anna Gavalda

Ce ne fut qu’un petit gémissement d’abord, comme si quelqu’un venait de le pincer, puis tout son corps lâcha. Il se mit à trembler de la tête aux pieds, sa poitrine s’ouvrit en deux et libéra un énorme sanglot. Il ne voulait pas, il ne voulait pas, putain. Mais il n’était plus capable de se contrôler. Il pleura comme un gros bébé, comme un pauvre naze, comme un mec qui s’apprêtait à dézinguer la seule personne au monde qui l’avait jamais aimé. Qu’il avait jamais aimée. 

 

Il était plié en deux, laminé par le chagrin et tout barbouillé de morve. 

Quand il admit enfin qu’il n’y avait rien à faire pour arrêter ça, il enroula son pull autour de sa tête et croisa les bras.

 

Il avait mal, il avait froid, il avait honte.

Anna Gavalda, Ensemble c’est tout, J’ai lu, 2005, pp. 98-99

Peinture : Nicolas Roerich, The cry of the serpent, 1914

D’autres citations sur ce blog.

 

Ailleurs

Ailleurs

Les herbes folles ont poussé en tout sens
D’ombelles blanches en arbuste aux feuilles tendres
Des insectes vagabondent en liberté 

 

Parfois quelques points de couleur attirent le regard 
Boutons d’or, oeillets rose vifs, oseille sauvage et serpolet 
S’élancent au ciel, depuis le labyrinthe des brins d’herbe

 

Le monde entier a disparu au coeur de cette végétation luxuriante
Qui reprend ses droits dès que le manteau de l’hiver s’évapore
La trace de l’homme est insaisissable, ailleurs

 

Emmanuelle de Dardel

 

Peinture : Henri Rousseau, La jungle équatoriale, 1909 (libre de droits)

D’autres poésies naturelles à lire.
Dix mots pour une poésie – mois de juin

Dix mots pour une poésie – mois de juin

Quand un nouveau mois commence, je poste sur ce blog un article rédiger une poésie à partir de dix mots. C’est une contrainte qui permet de libérer l’écriture. 

Dix mots de juin

Ce mois, j’ai choisi des mots qui ont une sonorité particulière à mon sens. Vous pouvez composer votre texte avec les dix mots pour une poésie, dans l’ordre qui vous convient. Je suis déjà curieuse de lire vos poèmes.

Thème 

Les dix mots de juin sont librement inspirés et n’ont pas de thème commun précis, excepté une certaine profondeur. Pour ce mois d’été, nous serons mystérieux. Je n’en dis pas plus et vous laisse découvrir les dix mots.  

Choix des mots

morose, cacher, parcourir, loin, abri, intériorité, âme, yeux, moyen, ligne

Comment participer ?

 Recopiez ces dix mots sur un papier ou sur une page de traitement de texte, imprégnez-vous de ces mots et écrivez. Indiquez simplement les mots donnés en mettant une étoile *. Lorsque votre poésie est rédigée, insérez-la en commentaire de cet article. La participation est ouverte à tous, en tout temps.

Forme d’écriture

Prose ou poésie, la forme est libre.

Peinture

Odilon Redon, Yeux clos, 1890 (domaine public)

Articles précédents

Voici quelques articles des mois passés avec la contrainte des 10 mots.